Une nouvelle étude révèle que les femmes aînées au Canada sont confrontées à une plus grande précarité financière, à davantage de solitude et à davantage d’âgisme à mesure qu’elles vieillissent
Au Canada, les femmes aînées vivent plus longtemps que les hommes, mais beaucoup d’entre elles vieillissent dans un contexte de plus grande précarité financière, de solitude et d’âgisme, selon un nouveau rapport publié aujourd’hui par l’Institut national sur le vieillissement (INV) en partenariat avec l’International Longevity Centre Canada (ILC Canada).
Soutenu par Femmes et Égalité des genres Canada, « Expériences des femmes aînées au Canada : résultats de l’enquête 2025 de l’INV sur le vieillissement au Canada » est le premier rapport d’une série de trois études consacrées à l’influence du genre sur l’expérience du vieillissement au Canada. S’appuyant sur les réponses de plus de 6 000 Canadiens âgés de 50 ans et plus, ce rapport identifie les domaines dans lesquels les systèmes actuels soutiennent efficacement les femmes aînées et, surtout, ceux dans lesquels ils font défaut à celles qui sont confrontées à des inégalités cumulées. Les résultats montrent également que les expériences du vieillissement ne sont pas universelles, le revenu et l’origine ethnique ayant une influence sur les résultats.
« Le genre a un impact profond sur l’expérience du vieillissement », a déclaré Talia Bronstein, directrice des politiques à l’Institut national sur le vieillissement. « Les femmes aînées canadiennes, en particulier celles qui disposent de revenus insuffisants et celles issues de minorités ethniques, sont confrontées à des obstacles systémiques qui exigent des réponses politiques ciblées, transversales et fondées sur des données probantes.
Parmi les principales conclusions du rapport, on peut citer :
- Les femmes sont confrontées à un écart de revenus entre les sexes tout au long de leur vie. Les femmes aînées étaient plus nombreuses que les hommes aînés à déclarer disposer d’un revenu insuffisant (24 % contre 19 %), plus susceptibles d’avoir mis de côté moins de 5 000 $ pour la retraite (26 % contre 19 %) et plus nombreuses à connaître une privation matérielle (23 % contre 16 %). Ces différences mettent en évidence des inégalités systémiques telles que les écarts de rémunération entre les sexes, les écarts de retraite entre les sexes et les tâches de personnes aidantes non rémunérées.
- Les femmes sont exposées au risque de solitude. Les femmes aînées étaient plus nombreuses à déclarer souffrir de solitude que les hommes aînés (61 % contre 54 %). L’isolement social et la solitude sont associés à des taux plus élevés de maladies chroniques, de troubles de santé mentale et de mortalité prématurée.
- Un revenu insuffisant entraîne des conditions de vie moins favorables pour les femmes aînées. Les femmes aînées disposant d’un revenu insuffisant étaient plus susceptibles de déclarer souffrir d’isolement social (53 % contre 37 %), d’un mauvais état de santé physique et d’une mauvaise santé mentale que les femmes aînées disposant d’un revenu suffisant.
- Les femmes aînées issues de minorités ethniques se heurtent à des obstacles spécifiques en matière de participation sociale et d’accès aux soins de santé. Elles étaient moins susceptibles que les femmes aînées non issues de minorités ethniques d’avoir un médecin traitant attitré (64 % contre 71 %), d’accéder à des services de santé en cas de besoin et de participer régulièrement à des activités sociales.
- L’âgisme et le sexisme se recoupent. Les femmes plus âgées étaient plus susceptibles que les hommes d’avoir été confrontées à plusieurs formes d’âgisme au quotidien (33 % contre 28 %).